Jeudi 10 janvier 2008
airbus a380



Qui croire ?

Louis Gallois affirme qu'Airbus perd 1 milliard d'euros à chaque baisse de 10cts de la parité dollar/euro. Or certains lui répondent que l'entreprise obligerait ses fournisseurs à être payé en dollar et donc reporterait sur eux la difficulté.
Alors qui croire dans cette affaire ? Il serait bon que l'entreprise communique vraiment sur ce sujet et prouve les dires de son dirigeant afin de faire taire ses détracteurs. Ou alors ces accusations seraient-elles fondées ? Je me garderais bien de donner mon avis sur cette affaire car il serait déraisonnable de juger sans avoir des éléments solides permettant d'affirmer ou d'infirmer ces propos.
En tout cas on ne peut pas en vouloir à Airbus d'appliquer cette politique si c'est vraiment le cas mais il serait bon dans ce cas d'être honnête et de communiquer sur les véritables raisons de ces hypothèses de délocations en zone dollar. Car il est évident que le fait de facturer des appareils en dollar tout en ayant ses comptes, sa production ainsi que sa maison mère en zone euro pose de sérieux problème à l'heure où l'euro se négocie contre 1.48$ !! Or les politiques de la FED (la Réserve Fédérale Américaine qui baisse ses taux d'intérêt une fois de plus) et de la BCE (la Banque Centrale Européenne qui les maintient coûte que coûte) commencent à poser de sérieux problèmes aux entreprises européennes et pas seulement à Airbus mais aussi à toutes les PME exportatrices...

En regroupant les données de chiffre d'affaires, d'EBIT (chiffre d'affaires net auquel on déduit les charges d'exploitation) et la parité dollar/euro le tout ramené en base 100 sur l'année 2002 on obtient ceci :

eads ebit

On voit très clairement la dégringolade de l'EBIT en 2006 et 2007 corrélée avec la baisse du dollar face à l'euro. Cependant le chiffre d'affaires lui continue de s'apprécier (il stagne maintenant). Or en se penchant sur les carnets de commande d'EADS on remarque l'explosion de la vente d'appareils (184 288 en 2004, 262 810 en 2006), le chiffre d'affaires n'augmentant pas proportionnellement avec ces ventes on est en droit de penser que la baisse du dollar influe effectivement sur la rentabilité d'EADS, en plus évidemment de problèmes de gestion, de production et autres problèmes internes qui gonflent les charges d'exploitation et diminue l'EBIT (qui est même négatif pour la filliale Airbus en 2006 et les perspectives pour 2007 sont pires).

En conclusion, on peut penser que le dollar n'est pas seul responsable des problèmes d'EADS, seulement il est dommage que la conjoncture économique soit défavorable alors que la société connaît déjà des difficultés sévères de sa gestion interne.

Par Arnaud LAHOURNERE - Publié dans : Economie
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