Et oui une fois de plus la FED (Réserve Fédérale Américaine, équivalent de notre BCE à ceci près qu’elle n’est pas indépendante de l’Etat) a décidé hier, 30
janvier 2008, de baisser son taux directeur de 50 points de base le portant ainsi à 3%.
Qu’est ce que le taux directeur et à quoi sert t-il ?
Pour faire simple, il correspond au taux auquel la banque centrale rémunère les liquidités placées sous son contrôle (épargne) et le taux auquel elle
prête aux agents économiques qui le désirent (emprunt).
Un taux élevé encourage l’épargne et donc « calme » l’économie, alors qu’un taux faible joue en faveur de l’investissement au risque de créer de l’inflation. Le rôle des
banques centrales est donc d’adapter ce taux pour ne pas pénaliser les investisseurs sans pour autant entrainer une surchauffe de l’économie. Ce taux joue par conséquent au
niveau national sur la croissance et l’inflation en tentant de trouver le meilleur équilibre entre les deux.
Un autre effet de la modification du taux directeur correspond aux mouvements qu’il engendre sur les taux de change. Il est évident qu’il est plus avantageux
de placer ses liquidités auprès de la banque centrale qui rémunère le mieux. Ainsi avec un taux de 3% au USA et de 4% pour la zone Euro, il est plus intéressant de placer son argent en Europe ce
qui entraine en sus une dépréciation du dollar par rapport à l’Euro, la demande d’euros devenant plus forte. De plus, de nos jours, la mobilités des capitaux est, comme celle des personnes, très
simplifiée pour les agents ce qui amplifie le phénomène.
De fait devant les risques de récession aux Etats-Unis en ce début d’année 2008 (subprimes encore et toujours), Ben Bernanke, successeur du légendaire Alan Greenspan en tant
que Chairman (Directeur de la FED) a décidé une nouvelle baisse des tauxdirecteurs à 3% après les avoir précédemment baissé de 4.25% à 3.50% le 22 janvier
dernier. Ces taux n’avaient pas été aussi bas depuis début 2005.
Le graphique ci-dessus nous montre l’évolution du principal taux directeur de la FED depuis janvier 2003. On comprend ainsi qu’en période de croissance forte comme de 2003 à 2006, le rôle de la
FED est de calmer l’investissement et vice-versa. La simple analyse de ce graphe nous laisse donc à penser que nous nous trouvons dans une période de récession ou du moins de ralentissement de la
croissance américaine voire mondiale mais il sera en tout cas intéressant d’observer si oui ou non l’Amérique est encore le Leader de l’économie, celui qui fait ou défait la croissance pour
les autres…
Il semblerait que la baisse des taux de cette semaine ait été motivée par la récente chute des bourses mondiales. En effet en « rendant l’argent moins cher » la Réserve
Fédérale tente de redonner un second souffle aux marchésfinanciers en favorisant l’injection de liquidités. Cependant aussi bénéfiques (et encore cela reste à
prouver) que soient ces abaissements de taux pour les investisseurs boursiers, il reste que cela ne résoudra pas les problèmes de fond de l’économie, à savoir la crise des subprimes qui ne semble
pas avoir livrée tous ses secrets et les pertes colossales annoncées par les différents organismes financiers chaque jour (récemment 2,7 milliards d’euros de pertes pour UBS, 7 milliards pour la
Société Générale...).
En revanche, la BCE de son côté décide pour l’instant de maintenir ses taux à leur niveaux actuels, au grand dam des gouvernements européens, quitte à asphyxier les
entreprises exportatrices pénalisées par un Euro (trop ?) fort.
Les raisons de ces divergences sont dues principalement aux missions attribuées aux banques centrales : encourager la croissance pour la FED et contenir l’inflation pour
la BCE.
Et comme toujours en « sciences économiques », seul
l’avenir nous dira qu’elle était la meilleure politique à adopter au vue de la situation !
Une question demeure donc : peut-on qualifier l’économie de science si on attend toujours le futur pour voir si on avait raison au lieu de démontrer ?!
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